Contrôles fiscaux assistés par l’IA : ce que chaque dirigeant doit savoir

Dans cet article

En bref

Le SPF Finances modernise ses outils de contrôle : voici l’essentiel.

Le SPF Finances a clairement indiqué vouloir devenir une administration plus intelligente en

  • Améliorant la gestion des données internes et externes.
  • Explorant les possibilités de l’intelligence artificielle
  • Renforçant la transparence de ses actions.

Concrètement, les contrôles fiscaux sont appelés à devenir plus ciblés.

L’objectif n’est pas de contrôler plus de contribuables, mais de mieux sélectionner les dossiers qui présentent des incohérences ou des signaux de risque.

Les outils de data mining et d’IA servent à détecter des situations à analyser, avant intervention ou validation humaine. 

Quelles sont les sources de données pour l'administration

Données déjà disponibles pour l'administration

Sources de données de l'administration fiscale

Vous l’aurez compris, le fisc dispose déjà d’un grand nombre d’informations sur votre activité.

Les nouvelles sources de données qui renforcent les contrôles

  • CESOP : les paiements transfrontaliers
    Depuis 2024, les prestataires de paiement (banques, Stripe, PayPal, etc.) doivent transmettre certaines informations relatives aux paiements transfrontaliers réalisés au sein de l’Union européenne.

  • Facturation électronique et e-reporting
    À partir des prochaines années, l’administration recevra progressivement davantage de données directement issues des factures électroniques.

Quels sont les outils utilisés pour exploiter ces données ?

Le Data Mining

Le data mining consiste à analyser de grandes quantités de données afin d’identifier :

  • des anomalies ;
  • des incohérences ;
  • des comportements atypiques.
  •  

Exemple :

Une société dont les frais de restaurant augmentent de 80 % alors que son chiffre d’affaires reste stable.

Cela ne prouve rien, mais cela peut attirer l’attention.

data_mining
controles_fiscaux IA
L’intelligence artificielle

Le SPF Finances a confirmé explorer plusieurs cas d’usage de l’IA.

L’objectif n’est pas de remplacer le contrôleur fiscal mais de :

  • analyser plus rapidement les données ;
  • identifier des schémas récurrents ;
  • aider à sélectionner les dossiers à examiner.


L’IA est donc un outil d’aide à la décision, pas un juge fiscal automatique.

Quels signaux peuvent attirer l'attention sur votre dossier ?

Un algorithme de détection d’anomalies ne cherche pas à prouver une fraude. Il repère des incohérences entre plusieurs sources de données.

Voici des exemples de situations qui peuvent ressortir comme signaux de risque :

  • Frais professionnels en forte hausse : restaurant, déplacement, consultance externe, alors que le chiffre d’affaires reste stable.
  • Marge en baisse inexpliquée : l’écart entre vos revenus et vos coûts se creuse sans raison apparente dans l’activité.
  • Rémunération du dirigeant variable : des variations importantes et non documentées peuvent interpeller.
  • Discordance entre flux de paiement et chiffre d’affaires déclaré : particulièrement surveillée pour les activités e-commerce via le système européen CESOP (collecte de données sur les paiements transfrontaliers pour lutter contre la fraude à la TVA).
  • Opérations entre la société et le dirigeant : loyers, comptes courants, avantages, conventions non documentées.


Dans chacun de ces cas, le dirigeant devra pouvoir expliquer la logique économique derrière les chiffres, pas seulement présenter des documents.

Comment se préparer concrètement ?

La bonne nouvelle : une société bien organisée n’a pas grand-chose à craindre de ces évolutions.
Voici les actions concrètes à mettre en place :

  1. Documentez chaque dépense sensible au moment où elle a lieu :
    restaurant, déplacement, matériel, consultance. Une note de frais incomplète deux ans plus tard est difficile à défendre. Attention à la proportionnalité de ces frais par rapport à l’activité.
  2. Séparez clairement les dépenses privées et professionnelles :
    voiture, téléphone, abonnements. Chaque déduction doit être justifiée par un lien professionnel réel.
  3. Documentez vos décisions de dirigeant :
    rémunération, dividendes, frais refacturés, conventions avec la société, comptes courants, loyers. Une décision non documentée est une décision indéfendable.
  4. Mettez en place une réconciliation régulière :
    ventes, paiements, TVA, comptabilité. Cela s’applique particulièrement aux activités avec des flux internationaux. Gardez votre comptabilité à jour.


En cas de doute, posez-nous la question.

Erreurs fréquentes à éviter

À retenir

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