En bref
L’EIP et la PLCI offrent de réels avantages fiscaux, mais plusieurs éléments méritent d’être examinés avant de les maximiser automatiquement.
- Des frais d'entrée, souvent autour de 3 %, réduisent le montant réellement investi.
- Pour l'EIP, une taxe de 4,4 % s'ajoute sur les primes, avec d'autres taxes et cotisations à la sortie.
- Le capital reste indisponible pendant plusieurs dizaines d'années, ce qui limite la liberté financière du dirigeant.
- D'autres solutions, comme le plan d'options sur actions (POA) ou les investissements privés, peuvent offrir davantage de flexibilité.
Et pour cause : ils offrent de vrais avantages fiscaux pour préparer sa pension.
Frais d’entrée, taxes, frais de gestion, rendement et surtout argent immobilisé pendant parfois plusieurs dizaines d’années.
Chez Fiscal Team, nous préférons regarder l’ensemble de l’équation avant de maximiser une pension complémentaire.
EIP et PLCI : de quoi parle-t-on ?
Le premier coût : les frais d'entrée
Pour une PLCI comme pour un EIP, des frais d’entrée peuvent être prélevés à chaque versement.
Ils varient selon le produit, l’assureur et l’intermédiaire, mais ils tournent fréquemment autour de 3 %.
Cela signifie que lorsque vous versez 10.000 €, l’intégralité de cette somme ne commence pas nécessairement à produire un rendement.
Dans le cas de l’EIP, il faut encore ajouter une taxe de 4,4 % sur les primes. Autrement dit, un EIP peut déjà supporter plusieurs coûts avant même de commencer réellement à travailler pour votre pension.
Combien travaille réellement pour vous ?
souvent ± 3 % selon le contrat
Seuls les frais d'entrée s'appliquent.
Quels sont les principaux coûts ?
Un produit affichant un avantage fiscal important peut en effet être moins intéressant que prévu si les frais sont élevés et le rendement faible.
Et concrètement, que reste-t-il à la sortie ?
| À la sortie | PLCI | EIP |
|---|---|---|
| Cotisation INAMI | 3,55 % | 3,55 % |
| Cotisation de solidarité | Jusqu'à 2 % | Jusqu'à 2 % |
| Impôt sur le capital | Rente fictive imposée à l'IPP | 10 à 20 % selon l'âge et les conditions |
| Situation favorable | Seuls 80 % du capital peuvent servir de base à la rente fictive si les conditions sont remplies | 10 % si les conditions favorables sont remplies |
| Additionnels communaux | Oui, sur l'impôt | Oui, sur l'impôt |
Deux exemples très simplifiés
EIP
Imaginons un capital brut de 100.000 € à la pension, dans la situation favorable permettant une taxation à 10 %.
Il faudra encore tenir compte notamment de :
- 3.550 € d’INAMI
- jusqu’à 2.000 € de cotisation de solidarité
- environ 10 % d’impôt sur la base imposable
- les additionnels communaux
Même dans le scénario fiscal le plus favorable, une partie significative du capital disparaît donc encore au moment de la sortie.
Et cela vient après les frais d’entrée, la taxe de 4,4 % sur les primes et les éventuels frais supportés pendant toute la durée du contrat.
PLCI
Prenons également un capital de 100.000 €.
À la sortie, il faut notamment tenir compte de :
- 3.550 € d’INAMI
- jusqu’à 2.000 € de solidarité
- puis de l’imposition via la rente fictive
Dans une situation favorable à partir de 65 ans, la rente fictive correspond en principe à 5 % par an pendant 10 ans. Lorsque les conditions permettant la règle des 80 % sont remplies, la rente est calculée sur seulement 80.000 € dans notre exemple.
Cela revient donc à déclarer 4.000 € de revenu imposable supplémentaire par an pendant 10 ans, qui sera taxé avec les autres revenus à l’impôt des personnes physiques.
Le vrai problème : l'argent est bloqué
Mais vous ne pouvez pas simplement décider à 45 ans : « Finalement, je préfère récupérer cet argent pour investir ailleurs. ».
Le coût caché : ce que vous auriez pu faire avec cet argent
Pour d'autres, elle représente un coût important.
Et le rendement dans tout cela ?
Sur les dix dernières années, les marchés actions mondiaux ont connu des performances particulièrement élevées.
À titre de comparaison, le MSCI World a affiché sur certaines périodes de dix ans une performance annuelle moyenne supérieure à 10 %.
Cela ne signifie évidemment pas qu’un ETF ou un portefeuille actions reproduira cette performance à l’avenir. Et il ne faut pas comparer aveuglément un indice 100 % actions avec une assurance pension présentant éventuellement davantage de garanties ou un niveau de risque différent.
Mais cela rappelle un principe essentiel : un avantage fiscal ne compense pas automatiquement un rendement faible ou des frais élevés.
Ce qui compte réellement, c’est le rendement final : après frais, après fiscalité et après plusieurs dizaines d’années.
Faut-il alors arrêter son EIP ou sa PLCI ?
La PLCI reste notamment intéressante grâce à son avantage fiscal et à son impact sur les cotisations sociales.
L’EIP peut également être pertinent pour un dirigeant qui souhaite volontairement sécuriser une partie de son patrimoine pour sa retraite.
Notre approche consiste plutôt à éviter de maximiser automatiquement ces produits simplement parce qu’une capacité fiscale existe.
Pour certains dirigeants, consacrer quelques centaines d’euros par mois à une pension complémentaire peut parfaitement avoir du sens. Mais le reste du patrimoine peut éventuellement être utilisé différemment.
Préparer sa pension autrement
Un dirigeant peut également construire son patrimoine au travers :
- d’investissements privés diversifiés
- de biens immobiliers
- d’ETF
- d’autres placements financiers
- ou encore d’investissements réalisés directement par sa société
La société peut par exemple faire travailler une partie de sa trésorerie au travers de certaines solutions telles que les SICAV RDT, lorsque celles-ci sont adaptées à sa situation.
L’objectif reste le même : disposer d’un patrimoine suffisant lorsque l’on arrête de travailler. La différence est que certains investissements peuvent offrir davantage de flexibilité avant la pension.
Pourquoi regardons-nous aussi le POA ?
n'est pas un produit de pension
Retrouvez notre article complet de le Plan d’Options sur Actions (POA) en cliquant ici.
EIP, PLCI, POA ou SICAV RDT ?
| PLCI | EIP | POA | SICAV RDT | |
|---|---|---|---|---|
| Objectif principal | Pension | Pension | Rémunération | Investissement de trésorerie |
| Avantage fiscal | Oui | Oui | Oui, selon le régime applicable | Oui, sous conditions (régime RDT) |
| Frais d’entrée | Variables, souvent ± 3 % | Variables, souvent ± 3 % | Dépend du plan | Variables selon la sicav |
| Capital destiné à la pension | Oui | Oui | Pas directement | Non |
| Disponibilité du capital | Faible avant la pension | Faible avant la pension | Plus rapide selon le plan | Élevée (liquidité via la société) |
| Liberté d’utilisation | Faible | Faible | Plus élevée | Élevée, au niveau de la société |
| Possibilité d’investir soi-même | Indirecte | Indirecte | Oui, avec le patrimoine privé constitué | Oui, via la trésorerie de la société |
Notre approche chez Fiscal Team
Mais plutôt :
- De combien aurai-je besoin à la pension ?
- De combien pourrais-je avoir besoin avant ?
- Comment puis-je préparer ma retraite autrement au travers d’investissements ? »
Nous regardons donc l’ensemble de la situation : rémunération, dividendes, EIP, PLCI, POA, trésorerie disponible, patrimoine privé, investissements et projets futurs.
L’objectif n’est pas simplement d’obtenir la plus grosse déduction fiscale possible aujourd’hui. L’objectif est de disposer du meilleur patrimoine net possible, au bon moment et avec suffisamment de liberté.
À retenir
- Des frais d'entrée, souvent proches de 3 % selon les contrats, peuvent réduire le montant réellement investi, et pour l'EIP, une taxe de 4,4 % sur les primes vient encore s'ajouter.
- Des cotisations et une fiscalité existent également à la sortie : le rendement réel doit toujours être analysé après frais et après fiscalité.
- Le principal désavantage reste l'indisponibilité du capital pendant de nombreuses années.
Vous avez des questions sur vos investissements futurs ?
Chez Fiscal Team, nous préférons combiner intelligemment les solutions plutôt que maximiser automatiquement une pension complémentaire.
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